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Les pharmaciens pensent à leur avenir

Avec les changements de législations permanents, que ce soit étatique ou européen, la concurrence qui grandie (pharmacies – pharmacie 24h/24 – low-cost, internet et grandes surfaces), les pharmaciens commencent à se poser des questions sur leur avenir. Bien qu’ils gardent le monopole de la délivrance de médicaments, de par la loi française, l’Europe pousse pour la concurrence et les pharmaciens doivent s’organiser et le font mais restent de petites structures face aux grands consortiums pharmaceutiques ou même juste les grandes surfaces lorsqu’on limite le problème à la France.

Ainsi, les pharmaciens, jeunes et vieux, réfléchissent à leur avenir et font plusieurs propositions.

Tout d’abord, bien que les pharmaciens aient leur mot à dire sur les prescriptions, non pas pour remettre en cause les décisions du médecin mais plus comme le dernier garde-fou avant la délivrance des médicaments, ces derniers voudraient pouvoir avoir plus de possibilité d’intervention. Jamais un pharmacien ne sera heureux de refuser une vente, il perd de l’argent et peut-être même un client qui ira chercher son médicament ailleurs. Néanmoins, il fera son travail de prévention et aidera le système de santé à s’améliorer.

Pouvoir changer ou substituer les médicaments sans avoir à demander au médecin. Le médecin n’a pas tout le savoir, tout comme le pharmacien. Cependant, c’est le pharmacien qui est confronté à d’éventuelles ruptures de stocks, qui sont en général généralisées à plusieurs pharmacies car elles se réunissent pour pouvoir commander aux fournisseurs à de plus faibles coûts. Le pharmacien doit alors demander l’autorisation au médecin, en général par téléphone, et cela prend du temps. Si le médecin n’est pas disponible, il devra rappeler ou perdre un client qui ira voir ailleurs. Le médecin peut tout simplement refuser car il a toujours choisi ce traitement et ne voit pas l’intérêt d’en changer (on exclut ici les traitements qui ne peuvent être modifiés comme ceux pour l’épilepsie). Le pharmacien a les connaissances et documents nécessaires sous la main pour effectuer la substitution mais n’en a pas réellement le pouvoir. Cela simplifierait et accélèrerait grandement la délivrance des médicaments. Une autre idée qui s’y greffe est l’ajustement des ordonnances, on entend par là le dosage ou la posologie qui n’est pas non plus possible pour le pharmacien. Or le pharmacien en est aussi capable qu’un médecin car lui aussi à cette expérience.

Le déremboursement de l’homéopathie. On retombe sur un vieux débat mais les pharmaciens ont leur mot à dire et ne sont pas, dans la majorité, convaincus de l’efficacité de ces traitements. Le déremboursement provoquerait aussi la dérégularisation des prix mais cela est une toute autre question, pour un tout autre débat.

Permettre la vente de certains médicaments sans ordonnance. Le meilleur exemple est la pilule progestative. Les femmes doivent se rendre régulièrement chez leur médecin pour faire renouveler leur prescription de pilule. Ca a deux effets. D’abord cela coûte à la sécurité sociale et cela fait perdre du temps à tout le monde. Certes, lorsque vous passez chez le médecin, il vous prend la tension et écoute vos poumons, si il fait au moins cela, mais ce n’est même pas l’examen clinique qu’il est censé faire à chaque auscultation. Donc une perte de temps total. Les femmes doivent avoir un examen gynécologique tous les deux ans seulement et entre-temps doivent se rendre tous les 3 ou 6 mois chez leur médecins pour avoir une simple ordonnance. Car, le renouvellement par mail est plus que décrié par les médecins alors qu’il simplifierait les choses car si une femme ne supporte pas son traitement, elle ira voir son généraliste ou son gynécologue pour en discuter. Si son mode de contraception lui convient, elle n’en a pas besoin. Ainsi, permettre la délivrance de produits de contraception à l’origine sous ordonnance permettrait de fluidifier le système de santé et de désengorger les salles d’attentes des généralistes pour permettre le soin de « vrais » malades.

Ils pourraient aussi faire le renouvellement ou la prolongation des ordonnances. Pour des choses comme la contraception ou pour des ALD qui ne demandent pas un suivi important comme l’asthme, le même problème se pose de devoir retourner chez son médecin pour pas grand-chose.

L’interprétation des résultats de laboratoire. Il est complètement illégal pour toute autre profession que le médecin ou le biologiste d’interpréter les résultats de laboratoire. Or, on oublie souvent que les biologistes sont des pharmaciens qui ont suivi une formation spécifique. Ainsi, un pharmacien pourrait compléter sa formation pour pouvoir interpréter ces fameux résultats et rassurer un client sur des résultats auxquels il ne comprend pas forcément grand-chose et éventuellement le diriger vers son généraliste ou un spécialiste dans des délais plus courts que nécessiterait le fait de retourner chez son médecin ( medecin garde ) pour ensuite seulement pouvoir se diriger vers un spécialiste.

Permettre aux pharmaciens de vacciner. Le geste est relativement simple et la formation très courte. Ce point vient d’être partiellement approuvé par le Ministère qui a lancé une opération pilote dans deux régions de France pour le vaccin saisonnier de la grippe. En fonction des résultats, ce processus pourrait être généralisé à toute la France d’abord pour les vaccins saisonniers et peut-être plus tard pour l’ensemble des vaccins.

La réforme des études. Aujourd’hui, les pharmaciens font énormément de chimie, donc de théorie, qui s’applique beaucoup dans l’industrie pharmaceutique mais qui n’est pas directement utile dans le cadre d’une officine. Les formations des pharmaciens s’adaptent petit à petit. Par exemple, certaines universités ont choisi de former les pharmaciens à la gestion d’une officine mais le côté humain est légèrement mit de côté. Il y a toujours des efforts à faire dans les formations.

Bien sûr, cela reste des idées générales et d’application plus ou moins facile. Le coût de chaque action doit aussi être évaluée et classifiée pour que les pharmaciens, s’ils deviennent plus impliqués dans les soins, soient rémunérés à la hauteur de leur implication. Mais ces exemples montrent bien que les pharmaciens sont conscients des évolutions nécessaires de leur profession et qu’ils y pensent de façon constante en fonction des diverses évolutions qui touchent leur profession.

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